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Trucs | Mardi 2 Février 2010

Miam miam

Il y a quelques temps je parlais des relations fast food, du consumérisme relationnel, du « prêt-à-sauter » en somme. Certes, le cliché était facile et je pensais, bien que persuadée de la véracité de mes propos, être tombée dans la comparaison pauvre et insipide.
Insipide. On y vient.
En réalité il est plutôt intéressant de concevoir la relation homme femme comme une sortie gastronomique.
Je m'explique.
Dernièrement, mes différentes associations ponctuelles m'ont d'une part comparée à une entrée appétissante, suggérant un choix difficile et repas délicieux, mais également, loi de Murphy oblige, un menu de fin de semaine pauvre en goût, comparativement.

Fatalisme gustatif. Dépression post digestion.

D'autre part, j'ai été comparée à un os inaccessible.
On est loin du Michelin.
Ceci dit dans mon premier exemple il s'agissait d'une cantine d'entreprise. Quelle promotion sociale du coup? Une bavette à l'hippo?
Tsss...

C'est quand même amusant de constater que les femmes et la nourriture vont souvent de paire dans la bouche des hommes. Quasi préhistorique.

Le goût, ça s'éduque. J'ai été élevée à grand coup de surgelés mais pour autant, j'arrive raisonnablement à faire le tri dans mon assiette entre une brasserie bon marché et un chef en devenir.
Plus généralement, il faut se donner les moyens de ses ambitions. Si on rêve de bonne cuisine, on va dans un bon resto.

Mais il faut savoir faire la part des choses entre la qualité des mets et le degré de hypitude du resto. Soyons honnêtes, à la Perle, même les omelettes sont dégueulasses.
Au fond, une bonne soirée c'est contextuel. On y peut rien, il y aura fatalement une dimension marketing dans la définition d'une bonne soirée.
Et ce n'est pas forcément une mauvaise chose dans le sens ou l'emballage, la déco, le design des assiettes tout ça, on le change facilement. La fraicheur des aliments et la qualité de la cuisine restent quant à eux fondamentaux.
Si Ladurée bossait chez pomme de pain, ses macarons n'auraient pas la même réputation, et avouez que ce serait quand même dommage, parce que dans le fond, les touristes les trouveraient presque moins bons.
N00bs.

Dans une relation, c'est plus ou moins la même chose.
Dans un couple socialement actif, on est conditionné par l’environnement dans lequel on évolue.
Sans intimité, sans magie de l’instant à deux, la relation s’enlise et se transforme en une évidente habitude indispensable.
Alors oui, une indispensable évidence demeurent des termes positifs et plutôt intenses, mais habitude est à bannir. Alors la solution c’est quoi ? Échanger un bonheur quotidien contre une exaltation ponctuelle ?
Ça donne l’impression de faire le chemin à l’envers non ?

Pas simple.
Mais en attendant, il faut bien se nourrir hein !
Reste à savoir maintenant si on préfère changer de cantine ou si rester fidèle à son établissement, en faisant le choix laborieux d'entamer des travaux d’embellissement.
Quoi qu'il en soit, rien n'est possible si personne ne s'en donne les moyens, les moyens étant étroitement liés à l'envie, et l'envie, contextuelle à la maturité.